Un nouveau musée du sapeur-pompier bientôt dans le Haut-Rhin. En savoir +

Ce sont les mots du lieutenant-colonel Denis Giordan pour qualifier ce que viennent de vivre dix sapeurs-pompiers du SDIS du Haut-Rhin sur l’île de La Réunion. Ils y ont été envoyés le 1er novembre en renfort dans la lutte contre l’immense feu de forêt qui sévissait dans l’ouest de l’île depuis le 26 octobre dernier.
Rentrés ce mardi 15 novembre à la Direction départementale des Services d'Incendie et de Secours à Colmar en fin de matinée, souriants malgré la fatigue, ils ont été accueillis par le colonel Pierre Almand, directeur départemental des services d’incendie et de secours du Haut-Rhin venu les chercher à la Gare SNCF, puis par le président du conseil d’administration du SDIS 68, Dominique Dirrig, à la Direction même.
À la descente du train, les sapeursp-pompiers membres de la colonne haut-rhinoise ont livré à chaud les premières impressions de cette mission.
« Comment ça va ? Bien ! Si on est fatigué ? Oui ; quand on avait cinq heures de sommeil, c’était une grande nuit ! » lâchent-ils à tour de rôle. Sur la place de la Gare de Colmar, se trouver nez-à-nez avec le grand sapin de Noël givré provoque un choc : « Il y a 24 heures, on était à La Réunion, avec plus de 30° ; on arrive à Colmar et c’est déjà Noël ». Il est vrai qu’il ne fait que 4° ce mardi matin. Un vrai choc thermique pour ces dix hommes qui ont affronté deux semaines durant les ruses d’un feu sournois se propageant par l’humus et la tourbe desséchée, en souterrain.
S’ils reviennent avec le visage hâlé, les hommes du SDIS 68 n’ont pourtant pas vu beaucoup le radieux soleil de l’île. Leur terrain de lutte se situait au piton de Maïdo, entre 1600 et 1700 mètres d’altitude. Dès 10 h du matin, les nuages de condensation montaient de la mer et s’installaient pour le reste de la journée sur les crêtes, obligeant nos sapeurs-pompiers à mener leur travail de sape contre le feu dans un brouillard qui limitait parfois la visibilité à dix mètres et la température ambiante à 10°.
Un travail très physique, obligeant souvent à ouvrir de véritables chemins à la tronçonneuse dans une végétation impénétrable pour pouvoir établir des lignes d’eau de plusieurs centaines de mètres de long. Car le terrain escarpé interdit presque partout l’utilisation d’engins : « Même en sectorisant le chantier d’extinction, nous avions souvent 10 à 12 kilomètres de tuyaux en action sur notre secteur ». De longues et fatigantes journées pour les sapeurs-pompiers, qui pendant la majeure partie du séjour restaient entre 24 et 30 heures sur le chantier avant d’avoir droit à une petite vingtaine d’heures de repos, en bas, à près de deux heures d’autobus.

« Le comportement des personnels de la colonne Est a été en tout point exemplaire et exceptionnel et leurs prestations a été saluées par l’ensemble des autorités de La Réunion », relève le lieutenant-colonel Giordan, chef du détachement haut-rhinois. Groupe composé de sapeurs-pompiers professionnels et de volontaires. « Pendant cette mission, on a seulement vu des sapeurs-pompiers à l’œuvre, sans aucune différence entre eux».
Des hommes heureux de cette expérience et qui se sont dits prêts à repartir dans une semaine s’il le faut.